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France : Poussée de fièvre autour du pacte de responsabilité

12 Fév
Effet du décalage horaire, comme l’a ironiquement relevé Jean-Marc Ayrault ? En voyage à Washington, où il accompagne le président de la République dans sa visite d’Etat (à suivre en direct ici), Pierre Gattaz a récusé toute idée de « contreparties » dans le cadre du pacte de responsabilité. « Il faut arrêter de gérer par la contrainte, a affirmé le président du Medef. Aujourd’hui, quand on parle de contreparties, j’entends aussi des gens qui disent ‘on va vous obliger, vous contraindre, vous mettre des pénalités, si vous ne le faites pas on va vous punir’. Il faut arrêter ce discours insupportable. »  Des propos qui ont entraîné une vive réplique du premier ministre qui s’exprimait, mardi 11 février, devant les députés socialistes : « Le dialogue social ne peut pas reposer sur des oukases », a affirmé M. Ayrault.
Jeu de rôles ? M. Gattaz, qui affiche une certaine connivence avec le président de la République en acceptant son invitation aux Etats-Unis, a-t-il voulu montrer à une partie de ses troupes, réticentes sur ce « pacte », qu’il gardait sa liberté d’action face au gouvernement socialiste ? M. Ayrault, qui doit faire face à la grogne de l’aile gauche du Parti socialiste qui voit dans le pacte un « cadeau » au patronat, a saisi l’occasion d’afficher sa fermeté vis-à-vis du syndicat.
« Engagements possibles »
Au siège du Medef, on minimise la portée des propos du patron des patrons. L’éclat de Washington cadre mal avec la lettre que M. Gattaz a adressée, le 6 février, aux syndicats. Il leur avait proposé une rencontre d’ici à la fin du mois afin de répondre à la demande du premier ministre qui souhaite disposer d’une feuille de route des partenaires sociaux avant début mars. « Des discussions, écrivait le président du Medef, pourraient ainsi être engagées pour envisager les engagements possibles en matière d’emploi et en matière de dialogue économique et social. »
Querelle de vocabulaire ? M. Gattaz, qui arbore un pin’s promettant un million d’emplois – sur cinq ans, en échange d’une baisse des charges des entreprises de 100 milliards d’euros – récuse les « contreparties » mais veut bien discuter d' »engagements »…
L’éclat a provoqué une poussée de fièvre. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, avait déjà prévenu dans Le Monde que sans engagements du patronat pour l’emploi, au niveau des branches, « il n’y aura pas de pacte qui vaille pour la CFDT ». Le 11 février, au micro de BFM-TV, M. Berger a réclamé « une réunion d’urgence » au patronat, « c’est-à-dire cette semaine ».
« N’importe quoi »
« On n’arrive même pas à fixer une date, c’est du grand n’importe quoi ! », s’est insurgé Philippe Louis, le président de la CFTC,  mardi lors d’une conférence de presse. Le dirigeant de la centrale chrétienne s’est déclaré « ouvert à la discussion » sur le pacte de responsabilité. S’il adhère « globalement » à l’objectif d’un retour de la croissance par l’amélioration de la compétitivité des entreprises, il ajoute que cela ne doit pas « porter atteinte au pouvoir d’achat des Français et à notre modèle social ». Se référant à la promesse de création d’un million d’emplois, M. Louis a souligné : « Il faut qu’il nous dise comment il va le faire. Qu’il définisse une stratégie, donne un cap et si c’est du bluff, qu’il le dise ! »
Sur les contreparties, le président de la CFTC estime que « la problématique est différente en fonction de la taille des entreprises ». Pour les PME, des engagements pourraient être négociés au niveau des branches sur la formation ou la qualité de l’emploi, des promesses sur le nombre d’emplois le laissant « dubitatif ». Dans les grandes entreprises, M. Louis considère qu' »on peut demander des contreparties chiffrées qui peuvent se négocier » en termes de maintien ou de création d’emplois à long terme. En revanche, la CFTC récuse la programmation de la fin des cotisations familiales des entreprises d’ici 2017, jugeant que « cela menace dangereusement l’avenir de la branche famille comme celui de notre pacte social ». Soulignant que « la cotisation employeur n’est que leur juste participation à la conciliation vie familiale/vie professionnelle et contribue à leur compétitivité », M. Louis s’oppose à « un désengagement total » des entreprises.
« Propositions communes »
S’inscrivant dans la logique d’un allégement de 35 milliards des cotisations patronales, la CFTC, favorable au maintien du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), préconise un dispositif alternatif « s’inspirant des allègements dits ‘réduction Fillon’ qui consiste en une baisse des cotisations patronales de sécurité sociale et des allocations familiales sur les salaires versés inférieurs à 1,6 fois le smic ». Pour M. Louis, qui s’est dit prêt à discuter avec les syndicats « ouverts au pacte pour faire des propositions communes », cette approche aurait l’avantage d’être « réversible ». « Le non-respect des engagements pris dans le cadre du pacte ou la non efficacité du dispositif au regard des objectifs fixés, a-t-il expliqué, entraînerait ainsi sa disparition. » D’ici à son éventuelle conclusion, le pacte de responsabilité risque de susciter encore d’autres poussées de fièvre. (…)
Sources from Michel Noblecourt

France : Force ouvrière sur le sentier de la grève

30 Jan
Jean-Claude Mailly a appelé, mercredi 29 janvier, à une « journée de rassemblements et manifestations » le 18 mars, jour déjà choisi pour une grève à la Sécurité sociale et qui tombe cinq jours avant le premier tour des élections municipales. Le secrétaire général de Force ouvrière, qui s’exprimait lors d’un meeting à la Halle Freyssinet, à Paris, devant        5 000 militants, a invité les autres syndicats à « faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle ». Mettant en avant ses revendications – augmentations des salaires, créations d’emplois en CDI ou statutaires, défense de « vrais services publics républicains » –, il entend surtout dénoncer le « pacte de responsabilité » proposé par François Hollande, qualifié de « pacte austère d’unité nationale ».
Tout en reconnaissant que « les mobilisations interprofessionnelles ne s’improvisent pas » – toutes celles de 2013, menées avec la CGT, se sont soldées par des échecs –, le patron de FO a estimé que la responsabilité de son syndicat était de « donner des perspectives, de conjuguer la solidarité public/privé, de peser sur les évènements, d’exprimer clairement le rapport de forces ».
« Pacte d’austérité »
Applaudi surtout dans la seconde partie de son discours d’une heure, Jean-Claude Mailly a développé sa thématique habituelle selon laquelle « ce fameux pacte de responsabilité s’inscrit de fait dans le pacte budgétaire européen dont il est une des déclinaisons. C’est un pacte d’austérité ». Vilipendant de nouveau le « coming out libéral » de François Hollande, il s’est interrogé ironiquement : « Le président a-t-il subi une sorte de media training patronal ou a-t-il été tellement sensible à la fable patronale qu’il la récite à son tour ? Passer d' »ennemi de la finance », à président des entreprises et faire les yeux doux aux marchés financiers, ça ressemble un peu au syndrome de Stockholm. » « Le président, a-t-il martelé, ferait mieux d’écouter Obama qui a annoncé l’augmentation du smic [américain]. »
Jean-Claude Mailly a répété, comme il y a un an, que « l’austérité était triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement ». Pour illustrer son propos, il a souligné que « les idées racistes, xénophobes ou antisémites, que nous avons toujours rejetées avec force, germent surtout sur le terrain de la misère et des crises économiques ». Et pour lui, « combattre le rejet de l’autre, quel qu’il soit, c’est combattre d’abord l’austérité ».
Pour le secrétaire général de FO, le pacte de responsabilité n’est pas un tournant mais « une continuité, voire même une accélération d’une politique libérale ». « Le changement c’est pour quand? », s’est-il exclamé à plusieurs reprises, en affirmant que « c’est en relançant la croissance qui fait défaut aujourd’hui que l’on pourra échapper à la spirale de l’austérité ».
Devant un public où étaient présents de nombreux fonctionnaires – les élections dans la fonction publique ont lieu en décembre –, Jean-Claude Mailly a longuement défendu les services publics « républicains » et la sécurité sociale : « Dans une certaine manière, si dans un système capitaliste le régime dit de social-démocratie peut avoir un sens, c’est la sécurité sociale qui le lui donne. »
« Le président »
Très classiquement, le secrétaire général de FO a fait de « la défense et l’augmentation du pouvoir d’achat » la « priorité des priorités ». Et il a défini Force ouvrière, « syndicat où l’idéologie ne l’emporte pas sur le réalisme et le pragmatisme » mais où ces trois éléments « se complètent », comme incarnant « le réformisme militant ». N’attaquant et ne nommant aucun autre syndicat, il s’est abstenu d’appeler François Hollande par son nom, citant seulement « le président », à deux exceptions près, quand il a rappelé l’opposition de celui qui était alors premier secrétaire du PS aux ordonnances, en 2005, et quand il a fustigé « l’axe Hollande-Gattaz ».
Son intervention a été précédée par les témoignages de six militants d’entreprises, le meeting étant entrecoupé de saynètes chantées par la compagnie Jolie Môme, qui s’inscrit dans la tendance « mouvementiste » avec des accents libertaires. Déguisés en communards et exhibant un drapeau rouge, ils ont chanté des chants révolutionnaires, sur le thème « c’est dans la rue que ça se passe » et achevé leur prestation par un éloge de la lutte des classes et un appel à la « grève générale ». Selon la tradition, le meeting s’est achevé aux sons de l’Internationale. (…)
Sources from Michel Noblecourt

Billet d’humeur…

13 Jan

Jour de colère

nous sommes les 99

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France : Appel à une manifestation nationale le 26 janvier 2014

10 Jan

Jour de colère

Ils reculent, c’est donc le meilleur moment pour avancer !
La colère gronde en France, la jacquerie fiscale s’étend, et notre gouvernement développe des symptômes de cécité et de surdité aigues face à ceux qui demandent un changement de cap radical. Notre Président se retranche dans son palais, en témoigne les voies de circulation interdite aux piétons après 21 heures aux abords de l’Elysée. Quand il en sort, c’est pour se faire copieusement huer. Après les cérémonies du 14 juillet, la commémoration du 11 novembre confirme que sa cote de popularité s’élevant à 21% n’est pas imméritée.
Pendant que la grande dégringolade est en cours, la pire crainte du gouvernement et de sa  précaire majorité – réforme des retraites rejetée à l’unanimité au Sénat, rappelons-le – est en voie de réalisation : la coagulation.
(more…)

France : Les syndicats refusent de signer l’accord sur le travail dominical

4 Jan
Les syndicalistes de la Confédération générale  3487956_3_f592_des-tracts-yes-week-end-dans-une-enseigne_59b8846efd518352026b2ba3b8640e20 du travail (CGT) et de Force ouvrière (FO) ont affirmé jeudi 2 janvier qu’ils ne signeraient pas l’accord permettant aux enseignes de bricolage d’ouvrir le dimanche, préconisé par le gouvernement et pour lequel les enseignes se sont engagées.
Le gouvernement a publié mardi un décret qui autorise les établissements du secteur à déroger provisoirement, jusqu’au 1er juillet 2015, au repos du dimanche le temps de remettre à plat les règles jugées trop confuses. Les négociations sur les contreparties au travail dominical avec les partenaires sociaux de la branche débuteront dès le 9 janvier, avaient annoncé dans la foulée les ministres du travail et du commerce, Michel Sapin et Sylvia Pinel.
« C’est assez clair, on est contre, a déclaré Dominique Holle, secrétaire fédéral à la fédération CGT du commerce. Nous ne sommes pas dupes, les syndicats sont juste convoqués pour valider les contreparties, il n’y a eu aucune concertation préalable avec les syndicats » avant la publication du décret, a ajouté, M. Holle. Même discours du côté de FO, dont le secrétaire fédéral, Christophe Le Comte, a assuré que le syndicat ne signerait pas cet accord. (…)
Article complet sur Le Monde

France : NDDL, SAUVONS LES LANDES DE NOTRE DAME !!!

25 Déc
Sauvons les Landes de Notre Dame
Les fêtes approchent : les travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes aussi. L’Etat s’apprête, cette semaine, à publier les autorisations de destruction d’espèces protégées et de zone humides et à engager les travaux. Nous, juristes en droit de l’environnement, avons décidé de lancer un dernier appel. Elus, citoyens : il faut agir aujourd’hui. Maintenant. Demain, il sera trop tard. Demandons au gouvernement de ne pas signer les autorisations de destruction qu’il s’apprête à délivrer.
 Ce projet est une horreur écologique
Des hectares de terres agricoles, de zones humides et des espèces vivantes sont sur le point d’être détruits de manière irréversible. Tenter d’accroître le trafic aérien et ses émissions de gaz à effet de serre à la veille de la conférence de Paris sur le climat de 2015 : est-ce vraiment une bonne idée ?
Ce projet est une horreur économique
Conçu dans les années 1960, ce projet n’apportera rien aux territoires qu’il massacre. Qui pense qu’Orly et Roissy (les aéroports) ont permis le développement d’Orly et Roissy (les villes, les citoyens) ? Le pays de Notre-Dame des Landes ne gagnera rien avec des avions. A l’heure du développement durable, pourquoi prétendre que le développement économique passerait par… un aéroport, du goudron, du kérosène et du dioxyde de carbone ?
Ce projet est une horreur juridique
L’Étatse prévaut sans cesse du droit pour justifier son projet. Mais le droit a été « modernisé » pour précisément permettre ce projet. En réalité, il est devenu bien plus difficile de construire une éolienne qu’un aéroport. Et insistons : aucune concertation sincère n’a été organisée. Qui peut croire qu’un débat a un sens lorsque la décision a été prise par avance ?
Nous lançons un appel solennel aux Français et aux Françaises.
Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est laisser passer l’idée que notre avenir puisse être celui du développement durable. Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est faire passer l’idée terrible que l’écologie ne sert à rien sauf à des beaux discours. Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est faire une croix sur la transition écologique et énergétique de ce pays.
A la veille d’échéances électorales importantes, lançons tous un appel au gouvernement pour qu’il arrête ce projet fou. Chacun peut agir : écrire, lire, informer, signer, tweeter, voter… Chacun peut demander au gouvernement de ne pas signer les arrêtés de destruction et d’arrêter les convois de police et de pelleteuses !
Pour signer la pétition, cliquer ICI
Sources from cyberacteurs.org, relayé par SOS-planete 
« L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord ». Napoléon 1er

France : Tefal, les syndicats dénoncent des pressions sur l’inspection du travail

24 Déc
Rumilly, petite commune savoyarde à 20 km au sud-ouest d’Annecy, est connue pour son usine Tefal où 1 800 salariés s’activent quotidiennement pour produire poêles, casseroles et autres ustensiles ménagers. Si l’usine, propriété du groupe Seb, a fait parler d’elle ces derniers jours, ce n’est pas pour la qualité de sa production… mais plutôt pour les relations peu communes que direction et inspection du travail semblent y entretenir. C’est le syndicat CNT (Confédération nationale du travail) des services de l’inspection du travail de Rhône-Alpes qui a révélé l’affaire, relayé par le quotidien l’Humanité : l’entreprise Tefal aurait fait pression sur un directeur départemental du travail pour éloigner une inspectrice du travail un peu trop regardante.
Les faits remontent au 19 avril 2013. L’inspectrice en charge du site est convoquée par son supérieur hiérarchique pour un rappel à l’ordre. Son tort ? Avoir demandé à la direction de Tefal de renégocier l’accord sur la réduction du temps de travail, qu’elle juge illégal, après s’être penchée sur le texte à la demande d’un syndicat. Son supérieur lui demande de revenir sur sa position, prenant soin de lui rappeler qu’elle est en début de carrière… Choquée, l’inspectrice est mise en arrêt, d’abord quelques jours, puis pour une durée plus longue. Un courriel anonyme reçu en octobre relance « l’affaire » : l’informateur affirme – échanges de mails internes à l’entreprise à l’appui – que des pressions ont été exercées sur le directeur départemental du travail pour qu’il « recadre » son inspectrice. La direction l’aurait même rencontré le 18 avril, veille de la convocation l’inspectrice.
« Ce cas illustre le danger que représente la réforme de l’inspection du travail mise en œuvre par le ministère du travail, et qui place la hiérarchie de l’inspection en position centrale pour déterminer l’existence ou non des poursuites envers les entreprises, ainsi que le niveau des sanctions », estime le syndicat CNT de l’inspection du travail de Rhône-Alpes. Avec la CGT, Sud et le SNU (FSU), la CNT a adressé un courrier au ministre du Travail, Michel Sapin, pour « alerter sur la si­tuation critique » de leurs services. Ils dénoncent l’absence de soutien de la hié­rarchie à l’inspectrice et l’attitude du directeur, qui s’est « fait le relais des demandes exprimées par Tefal ». Les quatre organisations syndicales du site de l’usine (CGT, CFDT, FO et CGC) ont elles aussi dénoncé collectivement ces pratiques. (…)
Sources from Nolwenn Weiler