France : Les insuffisances du label « fait-maison »

7 Fév
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Le Sénat a définitivement adopté l’instauration obligatoire d’un label « fait-maison », dans le cadre du projet de loi consommation, le 29 janvier.
Si ce label figure sur la carte de votre restaurateur, cela signifie que le cuisinier a bien confectionné vos lasagnes sur place, en alternant couches de pâte, de fromage, de sauce tomate et de bœuf: il ne ne s’est pas contenté de décongeler un plat cuisiné au micro-onde, ou d’ouvrir une boîte de conserves. 
S’il n’y a rien sur la carte, cela signifie que la cuisine est d’origine industrielle.  Une utilisation frauduleuse de cette mention pourrait s’assimiler à une pratique commerciale trompeuse et être passible de sanctions pénales.
On ne peut, a priori, que se féliciter de ce pas en avant vers plus de transparence, comme l’ont fait Sylvia Pinel, ministre délégué à l’artisanat, et Benoît Hamon, ministre délégué à la consommation.
Les sénateurs de droite et du PC s’étaient opposés au caractère obligatoire de cette mention, en première lecture, au motif qu’il serait impossible de distinguer les produits  fait-maison des produits transformés. « Par exemple, une île flottante préparée avec de la crème anglaise provenant d’une brique, mais avec des œufs battus en neige par le restaurateur, sera-t-elle considérée comme « faite maison » ? « , a encore demandé Antoine Lefevre (UMP), le 28 janvier. Evidemment non.
Quelque 80 % de la cuisine servie dans les restaurants étant désormais industrielle, on comprend les réticences de certains élus. C’est au dernier moment, en séance publique, que le Sénat a adopté un amendement de l’écologiste Joël Labbé, réclamant le caractère obligatoire du fait-maison.
Certains restaurateurs, toutefois, tel Xavier Denamur, estiment que le texte ne va pas assez loin.  « Celui qui propose des plats industriels aurait dû avoir l’obligation de le signaler, avec un label du type « non fait-maison» ou « mijoté d’usine » dit-il. « Hélas, le gouvernement s’y est opposé, au motif que ce serait discriminatoire », proteste-il.
Le texte finalement voté dit qu’«un plat fait-maison est élaboré sur place à partir de produits bruts ». M. Denamur aurait voulu qu’il soit inscrit « bruts ET frais » : « Avec cette seule dénomination, on peut donner le label fait-maison à un plat composé de poisson surgelé, de légumes surgelés et de frites surgelées, simplement cuisinés sur place!», déplore-t-il.
A l’Assemblée nationale, le député Thomas Thévenoud (PS) avait sans succès demandé que les restaurateurs informent leurs clients du caractère congelé ou non des produits.
Un décret précisera la liste des ingrédients traditionnels qui peuvent être assimilés à des produits bruts (beurre, crème fraîche, fromage, pain, huile, poudre de cacao, farine…): « Espérons que la poudre déshydratée, qui sert faire les fonds de sauce, et qui est pleine d’additifs, n’en fera pas partie », indique-t-il.  
« Je ne vais pas appliquer la loi », promet M. Denamur, qui pourtant, se flatte de ne proposer que du fait-maison. « Il n’y a pas de raison que ceux qui font du fait-maison subissent tous les contrôles de la direction des fraudes, alors que les autres seront tranquilles. »  (…)
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Sources from Sosconso

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