France : Force ouvrière sur le sentier de la grève

30 Jan
Jean-Claude Mailly a appelé, mercredi 29 janvier, à une « journée de rassemblements et manifestations » le 18 mars, jour déjà choisi pour une grève à la Sécurité sociale et qui tombe cinq jours avant le premier tour des élections municipales. Le secrétaire général de Force ouvrière, qui s’exprimait lors d’un meeting à la Halle Freyssinet, à Paris, devant        5 000 militants, a invité les autres syndicats à « faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle ». Mettant en avant ses revendications – augmentations des salaires, créations d’emplois en CDI ou statutaires, défense de « vrais services publics républicains » –, il entend surtout dénoncer le « pacte de responsabilité » proposé par François Hollande, qualifié de « pacte austère d’unité nationale ».
Tout en reconnaissant que « les mobilisations interprofessionnelles ne s’improvisent pas » – toutes celles de 2013, menées avec la CGT, se sont soldées par des échecs –, le patron de FO a estimé que la responsabilité de son syndicat était de « donner des perspectives, de conjuguer la solidarité public/privé, de peser sur les évènements, d’exprimer clairement le rapport de forces ».
« Pacte d’austérité »
Applaudi surtout dans la seconde partie de son discours d’une heure, Jean-Claude Mailly a développé sa thématique habituelle selon laquelle « ce fameux pacte de responsabilité s’inscrit de fait dans le pacte budgétaire européen dont il est une des déclinaisons. C’est un pacte d’austérité ». Vilipendant de nouveau le « coming out libéral » de François Hollande, il s’est interrogé ironiquement : « Le président a-t-il subi une sorte de media training patronal ou a-t-il été tellement sensible à la fable patronale qu’il la récite à son tour ? Passer d' »ennemi de la finance », à président des entreprises et faire les yeux doux aux marchés financiers, ça ressemble un peu au syndrome de Stockholm. » « Le président, a-t-il martelé, ferait mieux d’écouter Obama qui a annoncé l’augmentation du smic [américain]. »
Jean-Claude Mailly a répété, comme il y a un an, que « l’austérité était triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement ». Pour illustrer son propos, il a souligné que « les idées racistes, xénophobes ou antisémites, que nous avons toujours rejetées avec force, germent surtout sur le terrain de la misère et des crises économiques ». Et pour lui, « combattre le rejet de l’autre, quel qu’il soit, c’est combattre d’abord l’austérité ».
Pour le secrétaire général de FO, le pacte de responsabilité n’est pas un tournant mais « une continuité, voire même une accélération d’une politique libérale ». « Le changement c’est pour quand? », s’est-il exclamé à plusieurs reprises, en affirmant que « c’est en relançant la croissance qui fait défaut aujourd’hui que l’on pourra échapper à la spirale de l’austérité ».
Devant un public où étaient présents de nombreux fonctionnaires – les élections dans la fonction publique ont lieu en décembre –, Jean-Claude Mailly a longuement défendu les services publics « républicains » et la sécurité sociale : « Dans une certaine manière, si dans un système capitaliste le régime dit de social-démocratie peut avoir un sens, c’est la sécurité sociale qui le lui donne. »
« Le président »
Très classiquement, le secrétaire général de FO a fait de « la défense et l’augmentation du pouvoir d’achat » la « priorité des priorités ». Et il a défini Force ouvrière, « syndicat où l’idéologie ne l’emporte pas sur le réalisme et le pragmatisme » mais où ces trois éléments « se complètent », comme incarnant « le réformisme militant ». N’attaquant et ne nommant aucun autre syndicat, il s’est abstenu d’appeler François Hollande par son nom, citant seulement « le président », à deux exceptions près, quand il a rappelé l’opposition de celui qui était alors premier secrétaire du PS aux ordonnances, en 2005, et quand il a fustigé « l’axe Hollande-Gattaz ».
Son intervention a été précédée par les témoignages de six militants d’entreprises, le meeting étant entrecoupé de saynètes chantées par la compagnie Jolie Môme, qui s’inscrit dans la tendance « mouvementiste » avec des accents libertaires. Déguisés en communards et exhibant un drapeau rouge, ils ont chanté des chants révolutionnaires, sur le thème « c’est dans la rue que ça se passe » et achevé leur prestation par un éloge de la lutte des classes et un appel à la « grève générale ». Selon la tradition, le meeting s’est achevé aux sons de l’Internationale. (…)
Sources from Michel Noblecourt

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