France : De la « vermine » dans les cantines, la filière bio incriminée à tort

22 Jan
« Nous serons très vigilants quant aux éventuelles nouvelles attaques de la filière bio », prévient Kristell Gouillou de la fédération Bio de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le personnel des cantines marseillaises a eu la mauvaise surprise de trouver hier, lundi 20 janvier, des vers et des chenilles dans les choux et le riz qui devaient être servis aux enfants. Alertée, la Ville de Marseille précise avoir « tout de suite demandé à son délégataire (Sodexo, ndlr) de procéder au retrait des ingrédients concernés pour les remplacer immédiatement par des repas de substitution », rapporte La Provence. Alors que Marseille communique sur des menus 25 % bio et locaux, l’affaire fait le tour des réseaux sociaux. Le 8 novembre dernier, le riz de Camargue servi au repas était déjà truffé de vers.

Amalgames et confusion

Selon le menu mis en ligne sur le site de la Sodexo, prestataire en charge de la restauration scolaire de Marseille, « le riz de Carmargue local aux petits légumes » servi le 20 janvier n’était pas « bio » mais « local ». Même cas de figure dans le cas du riz incriminé en novembre dernier. Cela n’a pas empêché Danièle Casanova, adjointe en charge de l’éducation à la mairie, de déclarer : « En développant le bio dans nos cantines, nous savons que nous servons des produits sans pesticide ni conservateur. De la vermine peut donc plus facilement, comme cela semble être le cas cette fois, s’y développer. » Quelques jours plus tard, c’était au tour de Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de Marseille, de surenchérir : « On a mis – pour faire plaisir aux Verts, qui ne m’en félicitent jamais – 30% de nourriture bio. C’est pour cela qu’on a eu d’ailleurs les asticots dans le riz, voilà ! ».
La fédération Bio de Provence-Alpes-Côte d’Azur dénonce ces « confusions manifestes ». Et rappelle qu’ « en bio, la « vermine » n’est pas plus tolérée qu’en conventionnel. Les agriculteurs bio traitent, mais sans utiliser des produits de synthèse toxiques pour la santé et l’environnement. » L’enquête réalisée par Basta ! sur la restauration collective bio et locale montre l’exigence de qualité et de contrôle à laquelle les collectivités engagées soumettent leur prestataire, comme à Saint-Etienne. « Tout au long de la filière, les pratiques des opérateurs de l’agriculture bio sont régulièrement contrôlées par des organismes certificateurs indépendants », confirme la fédération biologique de PACA.
Un audit public ?
Un collectif des parents d’élèves à Marseille, Changeons la cantine, regrette que la municipalité « n’assume pas du tout la démarche d’introduction de bio dans les cantines. » « Lors de l’affaire du riz en novembre, il y a manifestement eu une négligence par rapport aux conditions de stockage », souligne Laurence Gervais du collectif, contactée par Basta !. Il y aurait eu un problème de respect des températures de conservation [1]. La Sodexo s’en défend et met en cause « un défaut de production ».
La Ville de Marseille avait finalement appliqué en novembre une amende de 5 000 euros envers Sodexo, en plus du remboursement des repas. Suite à ce nouvel incident, l’opposition conduite par le socialiste Patrick Mennucci n’a pas tardé à réagir : « La mairie doit garantir le contrôle de chaque contrat passé. La confiance donnée à un prestataire n’exclut pas le contrôle ». « Pour éviter tout autre désagrément aux enfants marseillais, j’ai demandé un audit complet de la cuisine centrale de la société », rétorque Jean-Claude Gaudin sur son compte twitter. Il promet l’application d’une nouvelle amende. Le collectif des parents d’élèves demande à ce que cet audit soit rendu public. (…)
Sources from par Sophie Chapelle
Lire aussi notre précédent article : Sodexo règne en maître sur les cantines de Marseille
Notes
[1] Le site du producteur de riz de Camarque incriminé préconise un stockage « entre 10 et 12°C à l’abri de la lumière » pour prévenir le développement de parasites. « Or, la Sodexo évoque dans une interview (voir ici, ndlr) des denrées stockées à une température comprise entre 10 et 14 degrés », pointe Laurence Gervais, du collectif des parents d’élèves à Marseille, Changeons la cantine.

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