France : Des claques pour calmer les élèves très pénibles ?

17 Jan
Des instituteurs ont opté pour une action originale, en se mettant en arrêt maladie dans une école près de Forbach (Moselle), mardi 17 Décembre. Ils voulaient attirer l’attention sur le cas d’élèves particulièrement pénibles.
Je m’interroge, si j’étais instit (ou prof des écoles), je serais rapidement épuisé par les questions foisonnantes des petits mignons biberonnés au zapping. Je serais lessivé par les moins mignons hyperactifs qu’il faut canaliser. Si en plus, je devais me coltiner des plus que turbulents, rejetant l’autorité et m’insultant, ne serais-je pas tenté par quelques calottes non glaciaires, pour refroidir leurs ardeurs? Tenté peut-être aussi par tirer quelques cheveux, histoire de rappeler qu’il faut respecter les adultes, éventuellement en filant un minimum à certains le « traczir », comme disait Audiard.
bagarreInutile d’alerter le 119, il n’y a pas maltraitance, simplement interrogation. Mais peut-être des courriers anonymes au ministère de l’éducation (l’histoire a montré que le français savait être un homme de lettres… pas toujours signées) pourraient se plaindre qu’un enseignant ne rejette pas d’emblée ces pratiques.
Passons sur la fonction cathartique de l’interrogation. S’offusquer a priori, c’est illustrer le fossé qui peut exister entre ceux qui parlent de pédagogie et ceux qui tentent tant bien que mal de la mettre en œuvre.
Revenons au choix  fait par ces enseignants. Je tiens à saluer leur décision, à partir du modèle de Hirschman.
Face au mauvais fonctionnement d’une organisation (économique, syndicale ou ici, institution scolaire), on a trois grands choix, nous dit-il.
On peut opter pour la loyauté (loyalty). On ne dit rien, on endure. Le couvercle est posé sur la marmite, en espérant que la température redescendra;  l’explosion sera évitée.
On peut aussi être tenté par la sortie (exit). On n’est pas satisfait de la situation, mais on cherche une solution individuelle. Par exemple, on quitte le syndicat ou dans le cas présent, on demande sa mutation. On cherchera une école qui ne concentrera pas toutes les difficultés du métier.
enseignant 2Reste enfin, la méritoire prise de parole (voice). On dit avec force ce qui ne va pas, pour essayer d’améliorer la situation. Dans le cas d’espèce, ils ont voulu par une action spectaculaire (arrêts de maladie concomitants), faire réagir leur hiérarchie. Ils ne sont sûrement pas hostiles à l’idée d’accueillir des élèves en difficulté, mais il faut s’en donner les moyens: des groupes allégés, une prise en charge partielle et spécifique de ces élèves, contacts et dialogues avec les responsables de ces enfants etc…
Bien entendu, l’inspecteur d’académie a tenu les propos lénifiants qu’impose sa fonction. Je me souviens d’un proviseur qui ne jurait que par la série S, mais qui en conseil de classe  « survantait » les qualités de la série STG (aujourd’hui STMG). J’ai jeté un froid en conseil de classe, quand je lui ai dit que ce discours deviendrait beaucoup plus crédible quand on verrait beaucoup d’enfants de proviseurs dans la série STG.
De la même manière, les paroles des IA (inspecteurs d’académie) seront bien plus crédibles quand ils scolariseront leurs enfants, leurs petits enfants ou ceux de leurs amis, dans des écoles accueillant un nombre non négligeable d’enfants posant des problèmes. (…)
Sources from Claude Garcia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :