France : Les sapeurs pompiers inquiets de leurs conditions de travail

27 Déc
Une réglementation européenne va obliger, courant 2014, les pompiers professionnels à réduire leur temps de travail, au risque de diminuer la qualité et la quantité de leurs prestations. Or, la situation est déjà tendue.
Pour Patrice Beunard, président du Syndicat national des sapeurs pompiers professionnels, la qualité des services est vouée à se détériorer si les pouvoirs publics ne réagissent pas : « Il y a quelques années, il y avait huit hommes dans un fourgon. Ce chiffre est descendu à six et maintenant à quatre dans les fourgons légers». Cette dégradation des services met en danger les sapeurs pompiers mais aussi les victimes.
« On se fait peur parfois », confie-t-il. Pour M. Beunard, ces conditions de travail de plus en plus difficiles expliquent en partie la baisse du nombre de sapeurs pompiers volontaires qui « ne restent qu’entre six et dix ans, et jettent souvent l’éponge lorsqu’ils fondent une famille ». Ils étaient 202 000 en 2002, ils ne sont plus que 195 000 en 2012.
Répartition du nombre de sapeurs pompiers professionnels et volontaires

Répartition du nombre de sapeurs pompiers professionnels et volontaires Source: Ministère de l’intérieur

Tandis que le nombre d’interventions n’a cessé d’augmenter ( +17,8% entre 2002 et 2012), le nombre de sapeurs pompiers a, au total, stagné et a même légèrement baissé depuis 2004. Un facteur explicatif parmi d’autres : l’augmentation des subventions pour les payer couvre à peine l’inflation de ces dernières années.
Evolution du nombre de sapeurs pompiers et d'interventions

Évolution du nombre de sapeurs pompiers et d’interventions Source: Ministère de l’intérieur

Evolution des subventions pour 100 000 habitants en millions d'euros

Évolution des subventions pour 100 000 habitants en millions d’euros Source: Ministère de l’intérieur

La situation se complique d’autant plus qu’une réglementation européenne va obliger la France, courant 2014, à aligner sur les 35 heures le temps de travail des sapeurs pompiers professionnels demeurant hors caserne. En 2015, la même réglementation s’appliquera à l’ensemble du corps des sapeurs pompiers. Afin de maintenir une qualité de service équivalente, les conseils généraux devront réussir à faire revenir des sapeurs pompiers volontaires ou embaucher des pompiers professionnels supplémentaires.
Pour Patrice Beunard, une défiscalisation des indemnités perçues par les volontaires ou la mise en place d’un compte épargne temps retraite permettraient de relancer les vocations.
Des disparités départementales
Plus de 9 Français sur 10 s’en remettent sans hésiter aux sapeurs pompiers, ces hommes qui inspirent confiance à l’échelle nationale (sondage Harris Interactive, 2013). Cependant, les disparités entre départements sont importantes. « Il vaut mieux avoir un accident à Paris plutôt qu’au fin fond d’un département rural », résume Patrice Beunard, président du syndicat national des sapeurs pompiers professionnels. Les chiffres ne font que confirmer ses propos. Paris et la petite couronne, le Nord (59) ou encore les Alpes-Maritimes (06), sont les départements les mieux couverts. A l’opposé, d’autres moins peuplés comme la Lozère (48), l’Ariège (09) ou la Creuse (23) sont défavorisés.
En moyenne, entre l’appel et l’arrivée sur les lieux, il faut 8 minutes à la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP) contre 17 en Eure-et-Loire (28), pour une moyenne nationale de 11 minutes.
Les meilleurs et les pires départements en terme de rapidité d'intervention

Les meilleurs et les pires départements en terme de rapidité d’intervention  Source: Ministère de l’intérieur

Ces écarts s’expliquent notamment par les inégalités qui existent quant au nombre de sapeurs pompiers de garde par rapport à la superficie du département. Dans le Vaucluse (84) et dans la Gironde (33), il y a autant de sapeurs pompiers de garde pour 100 000 habitants, mais la Gironde représente presque trois fois le Vaucluse en terme de superficie.
Potentiel opérationnel journalier pour 100 000 habitants

Potentiel opérationnel journalier (sapeurs pompiers de garde) pour 100 000 habitants  Source: Ministère de l’intérieur

Les explications sont aussi pécuniaires. Les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS)  étant majoritairement financés par les conseils généraux, ils ont été diversement affectés par les coupes budgétaires. Quand le conseil général du Finistère alloue à ses services d’incendie et de secours 5 millions d’euros pour cent mille habitants, le conseil général de Haute Corse (2B) en alloue trois fois plus.
Les autorités devront donc faire un choix entre les coupes budgétaires et la sécurité des citoyens. Le nombre de morts dans des incendies est passé de 341 en 2006 à 362 en 2012 avec deux années noires : 438 et 459 décès respectivement en 2010 et 2011. (…)
Sources from Guillaume Carret et Jérémie Serout pour Le Monde Académie

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