France : Ce mercredi, c’est chasse au gaspi

16 Oct
Depuis un an jour pour jour, la mobilisation suscitée par la lutte contre le gaspillage alimentaire est inédite en France. Profitons de la première journée nationale de la lutte contre le gaspillage alimentaire pour revenir sur trois initiatives dont le rôle social et l’utilité publique restent encore méconnus.
Une journée nationale
Pour la première fois en France, une journée nationale a été instaurée ce mercredi 16 octobre par le Ministre délégué en charge de l’Agroalimentaire Guillaume Garot. « En France, plus de sept millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés tout au long de la chaîne alimentaire » rappelle-t-il sur le site dédié à l’opération. De décembre 2012 à juin 2013 il a animé plusieurs ateliers « dans le but d’élaborer un pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire et de construire une véritable politique publique dans ce domaine » déclare-t-il en expliquant que le pacte lancé le 14 juin 2013 a pour objectif de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’içi juin 2025. Il constitue un engagement des différents acteurs de la chaîne alimentaire pour réduire ce gaspillage.
Parmi les engagements décidés, cette journée du 16 octobre est destinée à « faire connaître l’ensemble des initiatives locales de lutte contre le gaspillage alimentaire ».  A Paris est organisé, Place de la République, « un événement festif et populaire, ouvert à tous ». Si en région les événements ont l’air moins nombreux, quelques initiatives nationales sont relayées ici. Voilà trois initiatives à (re)découvrir pour l’occasion.
Les Disco Soupes
Les Disco Soupes essaiment largement en France depuis mars 2012. L’idée, simple, utilise plusieurs ingrédients qui en assurent à coup sûr la réussite: des fruits et légumes destinés au rebut alors qu’il est parfaitement possible de les consommer, le fait d’éplucher le tout à plusieurs en se trémoussant sur de la musique assurée par un groupe de musiciens conviés spécialement pour l’occasion. Au final, un bon moment partagé, une bonne salade et/ou une soupe dégustées avec autant de plaisir qu’elles font sens.
Comme le montre l’infographie suivante, 100 événements ont d’ores et déjà été organisé dans le monde et 42 000 repas servis de la sorte, représentant près de vingt tonnes de fruits et légumes qui seraient autrement partis à la poubelle.
Le tout est généralement redistribué gratuitement ou à prix libre. Lors du sommet Ecocity qui s’est déroulé à Nantes fin septembre 2013, les équipes organisatrices du banquet des 5000 ont réussi à réunir plus de 6000 personnes, du jamais vu encore.
« L’association prévoit de continuer à faire grandir et structurer le mouvement à l’échelle nationale et internationale (déjà présent aux USA, Colombie, Irlande, Angleterre, Belgique, Corée, Hollande, ..) pour continuer à faire vivre notre mission: sensibiliser le plus grand nombre au gaspillage alimentaire par la convivialité ! » explique Caroline Delboy, qui a importé le concept d’Allemagne.
Le mouvement devient même un incubateur de projets avec comme premières réalisations :
  • Une « Buena disco sociale soupe », ou la création de circuits courts de revalorisation et de transformations de fruits et légumes récupérés au sein des quartiers de centre ville et des lieux de vie de personnes en situation de fragilité
  • Une livre de sensibilisation visuelle aux problèmes et aux solutions relatives au gaspillage alimentaire
  • Des confitures de qualité « Re-Belles », produites et commercialisée à base de fruits récupérés
  • Des clips musicaux décalés pour donner au plus grand nombre et avec humour les grandes clés du gaspillage. A Nantes, certains s’amusent déjà beaucoup avec le détournement de tubes célèbres.
Les épiceries solidaires
Autre initiative à découvrir : l’Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires (A.N.D.E.S.), dirigées par Guillaume Bapst, un réseau associatif composé de 300 boutiques en France réservées à des gens en difficulté économique qui disposent de moins de 5 euros par jour pour manger. Le tout est géré par les travailleurs sociaux et le prix payé est de 30% du prix réel.
Le réseau a aussi des activités de réseaux d’insertion sur les Marchés d’Intérêt Nationaux (les MIN de Ringis, Lilles, Marseille…), où tous les jours des gens dits « en situation de précarité d’emploi » trient des fruits et légumes qui partaient à la poubelle (pour des défauts d’aspects, des cagettes qui étaient tombées, des erreurs d’aiguillage de transport). L’ensemble des fruits et légumes ainsi récupérés sont livrés aux associations d’aide alimentaire du secteur (cf. la carte ci-dessous). Cela permet de faire consommer des fruits et légumes à des personnes en situation de précarité, cela créée de l’emploi (avec un taux de 70 à 94% de taux de retour à l’emploi).

Le réseau des épiceries solidaires A.N.D.E.S

« On a aussi créé une ferme qui nous permet de créér nos propres légumes. On les transporte, on les transforme, et on distribue notamment une soupe parmi les meilleures du marché » explique Guillaume Bapst, qui gère un budget de 9 millions d’euros par an. Actuellement, « la filière crée de l’emploi non délocalisable, remet des gens au travail, lutte contre le gaspillage et permet de se faire plaisir aussi en participant à cette aventure humaine » aime rappeler ce rebelle positif.
Eqosphere, la fin des poubelles ?
Cette entreprise initiée en juillet 2012 en par Xavier Corval s’attaque à toutes les formes de gaspillage. Pour cela, une plateforme web a été conçue afin d’assurer la logistique des flux de ressources jetées par les uns et récupérées par les autres. Son fonctionnement repose sur une fine connaissance des objectifs, contraintes et besoins des dirigeants de la grande distribution comme Carrefour, Auchan, Casino puis Leclerc. Et sur l’usage de lecteurs avec lesquels les usagers scannent les produits invendus ou invendables (périmés, abîmés ou en fin de stock). L’information récoltée de la sorte nourrit un moteur de recherche sémantique qui informe les récepteurs ayant indiqués au préalable leur demande (qui intègre les questins de volume, logistique, aspects sanitaires, etc.)
La phase pilote menée jusqu’à septembre 2013 a réuni 40 structures émettrices de produits en fin de vie et 250 organisations réceptrices. « Aujourd’hui, on connecte les grandes surfaces avec les associations caritatives, les soldeurs, les parcs animaliers, les spécialistes du traitement des déchets, etc… avec une grosse intelligence numérique au centre de la plateforme et de nouvelles propositions partenariales tous les jours afin de maximiser les opportunités de valorisation », explique l’entrepreneur.
Aujourd’hui Eqosphere travaille avec plusieurs ministères (de l’Agroalimentaire – dans le cadre du Pacte national contre le gaspillage alimentaire – ; de la Défense, de l’Enseignement Supérieur), la région Île de France, la mairie de Paris, la ville d’Issy-les-Moulineaux et des entreprises comme La Fnac, Ventes Privées, le traiteur Potel et Chabot, etc. L’usage de la plateforme va bientôt être étendu à l’ensemble de l’hexagone, ainsi qu’au niveau européen. L’idée ? Contribuer à gagner quelques années sur la date fixée par la Commission européenne (2025) pour réduire de moitié les déchets alimentaires et non alimentaires dans l’Union européenne.
Une chose est sûre: ces porteurs de projets ne gaspillent pas leur énergie pour rien. De quoi vous motiver ? (…)
Sources from Anne-Sophie Novel // @SoAnn sur twitter

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