Canada : La catastrophe de Lac-Mégantic a épargné le Saint-Laurent

15 Août
http://www.metronews.fr
Il y a un mois, l’explosion d’un train dans la petite ville québécoise tuait une cinquantaine de personnes. Lac-Mégantic redoutait  en outre que du pétrole s’écoule jusqu’au Saint-Laurent. Ce qui aurait compromis des années d’efforts pour la dépollution du fleuve a été évité.
Début août, un mois tout juste après la catastrophe de Lac-Mégantic, le ministre québécois de l’environnement a affirmé qu’il n’y avait plus de traces de pétrole dans la rivière Chaudière, dans laquelle 51 200 litres d’eau huileuse ont été pompés depuis l’explosion du train, selon Radio-Canada. 
Aucun risque donc que du pétrole ne coule jusqu’au Saint-Laurent, dont la rivière Chaudière est un affluent. Même si 5,7 millions de litres de pétrole brut léger (soit l’équivalent de 30 000 barils) au total se sont déversés dans l’environnement, la nouvelle était encourageante pour les habitants et les autorités publiques, ébranlés par le drame qui a fait 52 victimes.
Le « plan d’action du Saint-Laurent » sauvegardé

http://www.davidsuzuki.org

Le long chemin parcouru en matière de dépollution du Saint-Laurent depuis 1988 n’est donc pas compromis. Cette année-là, les gouvernements du Canada et du Québec ont lancé le « plan d’action du Saint-Laurent » avec pour objectif de réduire drastiquement la pollution. Véritable artère du Québec, le Saint-Laurent est en effet à l’origine d’eau douce pour des millions d’habitants, dont ceux de la ville de Québec.
Depuis cette date, plus d’une centaine d’usines situées en bordure du Saint-Laurent ont diminué leurs effluents toxiques prioritaires (métaux lourds, mercure, polychlorobiphényles ou PCB) de 90 %, selon Environnement Canada. Ce taux est même de 96 % pour 50 d’entre elles.
« Parmi ces usines, les papeteries (Trois-Rivières), les alumineries (Bécancour, Baie-Comeau, Arvida qui fut la plus grande du monde), deux secteurs forts de l’industrie québecoise, implantées sur le Saint-Laurent et ses affluents, l’Outaouais et le fjord du Saguenay », indique Bertrand Lemartinel, professeur de géographie à l’université de Perpignan.
Les métaux en baisse
Les métaux ont beaucoup diminué car ils ont été retirés des procédés de fabrication industrielle. De ce fait, les taux de mercure de la crevette nordique du Saguenay sont conformes aux normes de Santé Canada. Dans les sédiments, les concentrations en PCB (toxique et perturbateur endocrinien) et en DDT (insecticide organochloré très persistant) ont grandement diminué à l’instar des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans le Saguenay.
« Les poissons présentent des niveaux de contaminants inférieurs aux seuils de commercialisation, tandis que la colonie de fous de Bassan, installée sur l’île de Bonaventure en Gaspésie dans le golfe du Saint-Laurent, a grossi, atteignant plus de 50 000 couples », expliquent les biologistes du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins basé à Tadoussac. 
Auparavant, cet oiseau était menacé par la forte teneur en DDT de ses œufs. En 1998, Parcs Canada a créé le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent dans lequel 800 à 1 000 bélugas résident à l’année, tandis que d’autres mammifères marins (phoque, marsouin, rorqual commun, baleine bleue, baleine à bosse) viennent s’y nourrir l’été.
De nouveaux contaminants
En revanche, de nouveaux contaminants sont, eux, en hausse. Il s’agit des substances ignifuges présentes dans les plastiques des téléphones et ordinateurs et de résidus médicamenteux. De même, en 2011, le phosphore, issu des engrais agricoles, dépassait encore les valeurs recommandées pour la qualité de l’eau, sur la rive sud du lac Saint-Pierre, entre ­Montréal et Québec, dans lequel se jettent les rivières Richelieu et Yamaska.
En 2011, les gouvernements du Canada et du Québec ont renouvelé le plan d’action Saint-Laurent jusqu’en 2026. « Un acte politiquement important car il montre l’intérêt qu’Ottawa porte à ce fleuve qui, sur 80 % de sa longueur, coule au Québec », souligne Jacques Béthemont, professeur de géographie à l’université de Lyon.
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La catastrophe a causé 52 morts
Dans la nuit du 5 au 6 juillet dernier, la paisible ville de Lac-Mégantic, en Estrie, au Québec, a été ébranlée par un terrible accident. Un train fou transportant du pétrole brut a déraillé, provoquant une série de violentes explosions et dévastant une partie du centre-ville. 
Au total, 47 victimes ont été retrouvées dans les décombres, mais cinq manquent toujours à l’appel. Environ 2 000 personnes ont été évacuées, sur une population de 6 000 habitants. (…)
Sources from La-Croix.com

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